Mélissa Meloche, stagiaire du MIT à Ideas Laboratory® nous explique le principe de la Blockchain appliqué à l’échange d’énergie

Catégorie : La vie du lab'

Mélissa Meloche est en première année de licence au MIT de Boston en Ingénierie Mécanique. Arrivée à Ideas Laboratory le 29 mai dernier, elle est restée dans notre équipe jusqu’à début août pour travailler sur l’intégration du protocole de la Blockchain dans les énergies low-tech. Son objectif est de simuler les échanges financiers automatiques entre deux voisins produisant leur propre énergie renouvelable (dans ce cas : solaire et éolien), sans passer par une plateforme de paiement tierce.

Ideas Laboratory : Le principe de la Blockchain n’est pas facile à comprendre. Comment l’expliquerais-tu à un enfant de 8 ans ?

Admettons que j’ai emprunté 5 euros à un ami et que maintenant il souhaite être remboursé. Dans la vie réelle c’est très simple : je lui remets l’argent en main propre, et je peux officialiser la transaction en signant avec lui un papier à titre de preuve.

Mais qu’arrive-t-il si mon ami habite à l’autre bout du monde et qu’il souhaite être remboursé via une plateforme en ligne? Là, ça se complexifie. Si je lui envoie directement l’argent de façon virtuelle, je m’expose à plusieurs types de risque. En effet, si mon ami est un hacker, il peut effacer les traces de cet échange et je me retrouve sans preuve de la transaction. De l’autre côté, je peux enclencher la transaction sans avoir les fonds suffisants pour assumer ma dette. Ce sont les principales raisons qui expliquent que nous utilisons des banques pour sécuriser les transactions.

Toutefois, si nous souhaitons effectuer cette transaction sans danger mais également sans passer par une banque, c’est à ce moment que le système de la Blockchain entre en jeu !

La Blockchain crée un registre anonyme et numérique servant de preuve pour les transactions. Avant d’envoyer les 5 euros à mon ami des îles Mouc Mouc, cette transaction est partagée à tous les usagers de ce registre. Donc, si un de nous deux essaie de tricher, la transaction échouera car elle ne pourra pas se synchroniser avec tous les autres utilisateurs de cette Blockchain.

Essentiellement, la Blockchain me permet d’envoyer cet argent dû à mon ami avec les bénéfices des transactions virtuelles et la sécurité de la remise en main propre. Malin !

Ceci est un exemple simple de transaction entre deux individus mais la Blockchain permet des échanges beaucoup plus complexes, au-delà du système financier, comme par exemple la gestion d’un système de vote ou d’une enchère.

Ideas Laboratory : Ton projet de stage à Ideas Laboratory consiste à appliquer le système de la Blockchain aux énergies low-tech. Peux-tu nous expliquer cela plus en détail ?

Mon projet porte sur une simulation d’échanges, via une Blockchain nommée Ethereum, entre deux voisins qui produisent de l’énergie renouvelable. L’un avec un panneau solaire et l’autre avec une éolienne.

Pour ce faire, j’ai utilisé un Airboard, qui est une petite carte électronique open source. C’est cet Airboard qui contrôle la mise en réseau entre les deux individus en mesurant la quantité d’énergie produit par chacun d’eux. Quand une des deux batteries est faible en énergie, le panneau solaire ou l’éolienne passe automatiquement par l’Airboard pour se connecter à cette batterie. Ce qui permet de n’être jamais en panne de courant, peu importe les conditions climatiques.

L’échange d’énergie est mesuré, et toutes les données sont envoyées à l’opérateur télécom français SigFox. J’ai opté pour cette entreprise par sécurité et parce qu’elle permet à l’Airboard d’être connecté sans passer par le wifi. Il utilise des ondes – comme une radio – pour communiquer ses données.

Sigfox envoie ensuite sur Internet les données récoltées à des plateformes de services, comme Amazon Web Services. Ceci me permet notamment de gérer les charges des batteries directement sur un site Internet mais aussi – et c’est le point le plus important – d’utiliser un support de connexion web entre mes données et la Blockchain.

Les bénéfices de l’utilisation de la Blockchain sont nombreux. Premièrement, la transaction est effective dès que le contrat est validé entre les deux parties et deuxièmement une personne ou structure tierce – comme une banque – n’est pas nécessaire. Vous pouvez imaginer le potentiel de liberté que cette technologie promet ! Enfin, une fois la première transaction réalisée, les échanges entre ces deux parties peuvent se prolonger automatiquement dans la durée.

Ideas Laboratory : Quelles difficultés as-tu rencontré pour venir à bout de ton projet ?

Je pense que le plus difficile a été de comprendre comment fonctionne la Blockchain ! C’est un sujet nouveau et difficile à aborder, avec son vocabulaire propre et peu de documentation. Aussi, je n’avais pas d’expérience avec certains langages informatiques nécessaires à la réussite du projet, ni avec Arduinos, SigFox ou Amazon Web Services ! 🙂 Néanmoins, c’était un super défi et une expérience professionnelle très satisfaisante.

Ideas Laboratory : Quelles seront les suites ? Comment penses-tu que cette technologie puisse être une avancée dans notre vie quotidienne ?

Nous ne sommes pas les seuls à faire des recherches sur la Blockchain appliquée aux énergies renouvelables. Je pense sincèrement que les futures retombées seront énormes dans ce domaine. Nous aurons accès à des possibilités sans fin d’approvisionnement via des citoyens qui produiront de l’énergie avec des machines bricolées dans leur cours, leur champ, … Plus généralement, je pense qu’une utilisation intelligente de la Blockchain apportera anonymat et sécurité dans des domaines qui en ont besoin.

FacebookTwitterLinkedIn

Ecrire une réponse ou commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *